Le Revenge Porn : Nouvelle variante du cyber-harcèlement 

by / 0 Comments / 195 View / 25 novembre 2014

La vengeance pornographique à la suite d’une rupture mal vécue, c’est la publication sur le web de vidéos ou photos coquines de votre ex sans son consentement, pour l’humilier et nuire à sa réputation.

Deux affaires sont arrivées jusqu’aux tribunaux Français en moins d’un an…
Début avril, le parquet de Metz a condamné un homme de 35 ans à 12 mois de prison avec sursis et 35 000€ d’amende pour avoir diffusé sur des sites de rencontre et sur Facebook les photos coquines de son ex compagne, enseignante « renseignée » par ses élèves de l’exposition de sa nudité sur Facebook. Une peine que le tribunal Lorrain a voulu exemplaire afin d’endiguer ce qui pourrait bien devenir une épidémie…

En effet, une affaire similaire a été jugée dans le Doubs en juin dernier sans que le prévenu soit condamné. Il avait pourtant publié une vidéo de son ex compagne alors qu’elle le gratifiait de gâteries et l’avait postée à l’actuel compagnon de son ex.

Le Revenge Porn : Un plat très chaud qui se mange froid
Pratique très fréquente aux States de la part d’ex cherchant à se venger d’une rupture mal digérée, elle est prohibée depuis 2004 dans le New Jersey et quelques autres états, suivis en 2013 par la Californie et par l’Utah. D’une manière générale cependant, le Revenge Porn n’est passible que de 6 mois de prison ferme et seulement 1000 $ d’amende.

Tout le monde s’accorde à dire que le revenge porn porte atteinte à l’intimité et à l’intégrité de la victime, ce qui selon le droit est une infraction sexuelle caractérisée, aggravée par la volonté d’infliger un préjudice moral. Reste que les autorités semblent débordées par un phénomène qui ressemble fort à une « mutation virale »…
Ce qui peut aller fort loin lorsqu’on sait que l’an passé, une jeune californienne de 15 ans s’est suicidée après que les trois ados qui l’ont violée ont fait circuler une vidéo de leur exploit sur le net… Outre-Atlantique les affaires se multiplient, Carrie Goldberg avocate Newyorkaise spécialisée déclare : « Je reçois des appels de victime chaque jour. Leur âge varie de 13 à 40 ans ».

Très récemment la BBC révèle l’inquiétude des autorités anglaises qui notent une forte croissance de cette pratique. Le Royaume Uni a été secoué par le suicide en août dernier d’Hannah Smith, une jeune ado de 14 ans harcelée sur Ask.fm ou encore, par l’histoire d’une étudiante en droit qui a découvert une vingtaine de photos d’elle sur les réseaux sociaux. Depuis, une pétition circule en ligne le « Ban revenge porn in the UK » signée par 3000 personnes, alors qu’il en faudrait 100 000 pour forcer le Parlement à légiférer sur la question…

 
Et vu que le sexe, c’est très rentable…

Comme par exemple pour isanyoneup.com, l’un des premiers sites de revenge porn créé en 2010 par Hunter Moore, « l’homme le plus détesté d’internet », site sur lequel les ex avides de vengeance publiait les photos de leurs ex petites amies nues, lascives ou même en pleine action, le tout assaisonné de commentaires avilissants.
Lors de son arrestation en janvier dernier Moore déclarait au journal VICE que c’est un business « très, très lucratif », en ajoutant : « J’ai déjà gagné beaucoup d’argent, je vais continuer à en engranger. Tant qu’il y aura des seins, je ne vois pas comment ça pourrait retomber… ». Il faut dire que ce genre de sites réalisent quotidiennement jusqu’à 20 000€ de recettes publicitaires et, enregistrent plus de 300 000 visiteurs par jour…

Le jour où…
La sexualité n’aura plus rien de « sale », que les images ou les mots crus ne seront plus que l’expression d’une saine animalité, nous vivrons dans une société idéale. En attendant ce jour béni, ne vous privez pas de vous envoyer des sextos, ni de photographier vos ébats, ce sont autant de petits mots d’amour et, si un jour votre ex les piétine et vous insulte pour ce qu’il a adoré en vous par le passé, rappelez-lui que « c’est celui qui dit qui est »…

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