Micropénis, malformations, puberté précoce, etc. notre sexualité attaquée par les pesticides…

by / 0 Comments / 183 View / 25 novembre 2014

Très souvent incriminés pour leurs actions néfastes sur la santé en général et celle du fœtus en particulier, les pesticides seraient responsables d’une véritable explosion des cas de micropénis et de puberté précoce en France.

Le Pr Charles Sultan endocrinologue au CHU de Montpellier tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme concernant cette « pollution fœtale » provoquant des malformations génitales.

 
Moins de 7cm en érection à l’âge adulte…
Quand on sait quelle importance peut revêtir la taille de son pénis pour un garçon d’abord, puis pour un homme, on imagine aisément l’impact d’une telle malformation sur son épanouissement sexuel. Et malheureusement, ce n’est pas la seule conséquence engendrée par l’exposition aux pesticides et autres perturbateurs endocriniens.
Il est désormais démontré un lien direct entre l’exposition in utéro (durant la grossesse) à certains perturbateurs endocriniens et diverses anomalies touchant l’appareil génital. Les molécules incriminées agissent à très faibles doses, perturbant l’organisme de façon discrète et sournoise.

Selon les travaux du Pr Sultan, les enfants d’agriculteurs présentent 4 fois plus de malformations génitales et, si 5% sont d’origine génétique, 95% sont environnementales. Il évoque également les études concernant l’exposition fœtale au Fipronil (Gaucho) qui ont révélé une chute de 20 à 30% des hormones mâles, ce qui a un impact direct sur le développement du système nerveux, entrainant des déficiences psychomotrices et, risquant de perturber l’identité sexuelle de l’individu.

Et nos petits garçons ne sont pas seuls touchés ! A Toulouse, l’endocrinologue Catherine Pienkowski diagnostique « une dizaine de puberté précoce par semaine » et le CHU de Montpellier révèle que 60% des fillettes en consultation pour puberté précoce (7/8ans) ont été exposées à divers polluants (pesticides et produits industriels).

Un problème qui ne date pas d’hier…
Dès 1950 plusieurs études ont mis en évidence une diminution de la fertilité chez les hommes, une augmentation des cancers du testicule, de la prostate et du sein, liés à l’exposition des populations à ces molécules. Cas en augmentation constante depuis plusieurs décennies, aussi bien en Amérique qu’ailleurs.

Dans le Nordeste brésilien, une équipe franco-brésilienne a relevé un nombre anormalement élevé de micropénis chez des nouveau-nés de la région du Nordeste ou la culture intensive entraine un usage intensif de pesticides. Le taux de micropénis y est 44 fois plus élevé que celui d’une précédente étude américaine fin 1990, 11 fois plus que celle relevée en Egypte en 2010 et, le double des chiffres de Montpellier.

En Finlande, la Food and Chemical Toxicology publie une étude révélant la présence de pesticides dans le placenta, à hauteur de 15/20 perturbateurs endocriniens par placenta et, chiffre ahurissant, jusqu’à 46 pour la moitié d’entre eux…

Tous touchés, de tous les côtés !
Pas seulement les agriculteurs car la contamination par les pesticides agricoles s’étend sur plus d’un kilomètre* autour des zones traitées, ce qui fait qu’on retrouve ces molécules dans l’eau potable, comme dans nos assiettes.
Et de tous côtés aussi, parce que les pesticides ne sont pas les seuls à contenir des perturbateurs endocriniens. En effet, les antioxydants, les détergents, les plastifiants (phtalates), le PCB, etc. se retrouvent dans de nombreux produits (plastiques, cosmétiques, alimentation, etc.) et, dans notre environnement. Souvenez-vous du plastique des biberons au bisphénol A…

Boycott et prévention
Après la parution très discrète en mars dernier d’une circulaire du ministère de l’Agriculture autorisant l’épandage aérien de certains pesticides, le Pr Sultan tire à nouveau l’alarme en demandant une « abolition pure et simple des pesticides ».

Il pointe du doigt les autorités sanitaires qui « tiennent des propos lénifiants » afin de rassurer les populations, tout en laissant le champ libre au « lobby de l’industrie phytosanitaire tellement puissant qu’il dénie la Charte de l’environnement ».

A notre niveau, il nous reste la prévention pour les femmes enceintes, particulièrement entre 7 et 12 semaine de grossesse (période de formation des organes génitaux) et,  le boycott des pesticides et herbicides industriels, ce qui ne fera pas grand mal aux industries en question mais au moins, protégera nos spermatozoïdes et la sexualité de nos enfants…

*Etude du National Cancer Institute démontrant que la contamination par les pesticides agricoles s’étend sur 1250m autour des zones traitées.

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